mercredi 18 septembre 2013

Contre-insurrection : la doctrine Hogard-par Mériadec Raffray

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L’idéal de la guerre subversive redevient, paradoxalement, celui prôné par les chefs d’État au XVIIIe  siècle : « vaincre sans combattre », affirme Jacques Hogard. Cet officier français appartient à une génération de lieutenants et de capitaines qui combattirent un phénomène déjà connu mais poussé à son paroxysme dans le contexte de la Guerre froide et, depuis, « adopté par tous les barbares modernes » selon son expression. Son mérite est de l’avoir analysé froidement, dans sa globalité, pour tenter d’y faire échec.

« Guerre menée à l’intérieur d’un territoire par une partie de ses habitants - aidés et renforcés ou non de l’extérieur - dans le dessein d’enlever à l’autorité de droit ou de fait le contrôle de ce territoire ou au minimum d’y entraver son action ».  Arrêtée dans les années 1950, cette définition de la guerre subversive demeure pertinente pour qualifier les principaux conflits dans lesquels sont engagées aujourd’hui les forces armées occidentales. à commencer par l’engagement de la coalition internationale en Afghanistan, qui a concerné jusqu’au premier semestre 2011 jusqu’à 4 000 soldats français. On doit cette formule au Français Jacques Hogard.

Hogard se distingue par son approche globale du phénomène subversif, qui apparaît nouveau à ses contemporains en raison de son ampleur et sa puissance inégalée. Après avoir bâti une méthode d’analyse de la guerre révolutionnaire, il en tire une stratégie et une tactique pour en venir à bout. Sa doctrine articule subtilement le recours aux opérations – on dirait aujourd’hui à la « coercition » – et à la pacification, cette action qui nécessite « l’intégration ou au moins la combinaison étroite des efforts de tous, civils et militaires ».


Auteur : Mériadec Raffray

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